Chasseurs = danger mortel !

Le 13 octobre dernier, un chasseur tuait un vététiste de 34 ans lors d’une battue près de Morzine (Haute-Savoie). Il s’agit du quatrième accident mortel causé par la chasse en France depuis le mois de juin, outre 25 autres qui ont fait des blessés, parfois graves. Le 16 septembre, à Limoges, un chasseur tirait depuis la fenêtre de sa maison sur un faisan, mais la balle a fini sa course dans le thorax d’une fille de 10 ans, qui pique-niquait avec ses parents…

Durant la saison 2017-2018, 13 personnes ont été tuées par des chasseurs en France et lorsqu’un jugement a finalement lieu, la peine semble bien insignifiante au regard de la gravité d’un homicide : ainsi, un chasseur qui avait tué un coureur d’une balle en pleine tête dans le Semnoz (Haute-Savoie) en 2015 vient d’être condamné à… un an de prison.

La vie ne vaut pas grand chose, face à un lobby puissant¹ que de nombreux présidents, dont l’actuel, ont jugé nécessaire de caresser dans le sens du poil. Rappelons en effet que Macron a décidé en août dernier de diviser par deux le prix du permis de chasse, offrant ainsi un joli coup de pub à un « loisir » brutal et mortel qui n’en avait pas besoin.

Combien faudra-t-il encore de morts innocents avant que l’on ne se décide à prendre des mesures pour garantir la sécurité de tous ceux qui ne se trimballent pas dans la nature avec des flingues et de la munition de guerre ?

Je suis souvent confronté aux meutes armées et à leurs foutus 4×4 lorsque je roule en Haute-Savoie ou dans l’Ain, et chaque sortie comporte donc une part de danger mortel qui n’a strictement rien à voir avec la pratique du VTT. Je chute rarement et suis équipé de manière à minimiser ce risque-là. Par contre, je ne roule pas avec un gilet pare-balles !

Récemment, j’ai roulé sur un chemin agricole à la lisière d’un bois, devant une battue menée par 5 ou 6 chasseurs dans un champ. Les mecs convergeaient vers moi, prêts à cribler de plomb le moindre foutu lièvre, mulot ou escargot – les plants étaient bas (20 cm max), donc que peut-on espérer débusquer ? Ce champ se situe en bordure de route et à 100 mètres d’un sentier très fréquenté par les promeneurs, côté suisse… Tant qu’à faire, pourquoi ne pas chasser en pleine ville ou dans les parcs publics ?

J’ajouterai cette détestable impression de rouler dans un pays en guerre (j’ai connu ça pour de vrai au Rwanda, en Ouganda et en Afghanistan) lorsque toute la campagne et la montagne résonnent le dimanche de coups de feu. Glauquissime !

En outre, bien que j’aie croisé de nombreux groupes de chasseurs, je n’ai jamais vu de femme parmi eux, ce qui me conforte dans ma conviction que ce « loisir »-là, se balader en 4×4 et tuer, déplaît à au moins 50% de la population.

Randonneurs, coureurs, cyclistes, vététistes, pique-niqueurs, cueilleurs de champignons, RÉAGISSONS ! Nous n’allons pas dans la nature pour nous faire abattre d’un coup de fusil. Nous ne représentons aucun danger pour autrui et n’acceptons pas de partager la nature avec des gens armés.

Face au danger qui nous menace lors de chacune de nos sorties dans la nature en période de chasse, nous devons nous protéger. Bien sûr, nous portons des gilets fluo et autant de vêtements de couleurs vives que possible – même si c’est très moche. Nous pouvons aussi chanter, siffler, crier ou écouter de la musique à volume élevé – même si nous sommes plutôt venus pour le silence. Outre notre propre vie, nous sauverons ainsi celle de nos amis à 4 pattes.

La chasse doit à terme être une activité réservée aux seuls spécialistes, sur mandat de l’État : biologistes, naturalistes, gardes-chasse. Dans l’immédiat, nous devons obtenir l’interdiction totale de la chasse sur le domaine public le mercredi après-midi, le samedi et le dimanche, soit lorsque les enfants sont dehors. Si les mecs veulent absolument tuer, qu’ils se débrouillent au lance-pierre ou à la main avec les corneilles, pigeons, limaces et autres punaises de lit qui envahissent nos lieux de vie.

Nous sommes plus nombreux que les chasseurs, par conséquent continuons de nous rendre en masse dans cette nature que nous aimons et dont nous prenons soin. Et signons la pétition de l’ASPAS pour l’interdiction de la chasse le dimanche (plus de 201’000 soutiens au moment de la rédaction). On peut également écrire au Président de la République ou aux députés, submerger les mairies de lettres exprimant notre exigence de sécurité pour tous dans la nature, ou encore envoyer des courriers de lecteur aux journaux.

Toutefois, si la violence et les homicides continuent, il faudra se résoudre à passer à l’étape suivante : la désobéissance civile. Et je ne doute pas que de nombreux hommes et femmes des bois ont plein d’idées intéressantes à ce propos…

Parce qu’il n’y a pas que moi qui exige la sécurité lors de mes randos dans la nature et m’étrangle de rage à la lecture des faits divers liés à la chasse. En effet, je viens de lire un vibrant appel sur le bitume d’une petite route de Haute-Savoie, qui proclamait prosaïquement « MORT AUX CHASSEURS ! ». Oui, en majuscules et avec un point d’exclamation. C’est pas moi qui le dis, je ne fais que le rapporter – mais ça a failli me tirer une larme…

Au terme de cet article, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cet extrait d’un livre de Sylvain Tesson : Sur la chasse.

 

Plus d’infos :

https://www.letemps.ch/opinions/hautesavoie-une-chasse-meurtriere-provoque-colere
https://www.ledauphine.com/haute-savoie/2015/12/05/un-promeneur-tue-dans-un-accident-de-chasse

¹ En 2017, la France comptait 1.2 millions de chasseurs, soit le plus grand nombre pour un pays européen

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