Grand Raid 2018

Cette année, les prévisions météo du vendredi soir nous laissaient entrevoir un départ sous les nuages, puis des éclaircies avant le retour des averses, voire des orages, dans l’après-midi. Une deuxième bonne raison pour ne pas traîner en route ! L’aube nous a toutefois réservé une belle surprise, puisque lorsque je me suis levé à 4h40, le ciel était tout étoilé au-dessus du Val d’Hérens. Une grande journée en perspective !

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Déposé en voiture à Mâche, comme d’habitude, je me suis laissé descendre sur les 4 km de goudron jusqu’à Hérémence, où c’était bien sûr l’agitation des grands jours. De nombreux participants s’échauffaient sur la route cantonale, quant à moi je suis immédiatement allé dans la ruelle du départ, pour être le plus près possible de la corde et pouvoir ainsi rouler devant sur la piste jusqu’à Mâche, où il n’est pas toujours possible de dépasser. Car j’aime partir fort, conscient que je laisserai des minutes plus tard dans les descentes et évidemment motivé par le défi d’un nouveau record personnel.

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Grand RaidLa course a été aussi belle que lors des 3 précédentes éditions, notamment grâce à une météo très favorable, avec du soleil et des températures qui se sont échelonnées entre 7 et 27 degrés (12 degrés au départ d’Hérémence à 6h30). L’humidité modérée du terrain, à la suite des pluies de la veille, nous a préservés de la poussière, en particulier dans les descentes de Chemeuille et Moiry, sans rendre impraticable la section argileuse au-dessus de Mandelon.

J’ai encore une fois apprécié la belle ambiance sur le parcours, que ce soit entre participants ou avec les bénévoles aux stands de ravitaillement. Les super-pros aussi savent dépasser avec fair-play, en annonçant le côté de passage et en remerciant quand on s’arrête pour laisser passer là où le sentier est trop étroit pour deux vélos côte à côte. Quant à nous, ces écarts ou brefs arrêts ne nous coûtent que quelques secondes.

Ma stratégie de course reste la même : appuyer fort dans les montées, où je suis plus rapide, et perdre le moins de temps possible dans les descentes, où beaucoup me dépassent. Elle se reflète évidemment dans mes chronos et mon classement sur les diverses sections : 22e sur 111 à Eison, suite à mon étape-fétiche¹, mais seulement 49e/111 à Evolène après la descente de Chemeuille et 59e/111 pour l’étape Moiry-Grimentz, malgré le fait que j’y aie réalisé cette année ma meilleure performance (23 minutes). Les deux autres étapes où j’ai aussi obtenu en 2018 mes meilleurs chronos de 4 participations au Raid sont des montées : Mandelon (1h21) et l’A Vieille (1h20).

Grand RaidJe n’ai connu aucun incident technique sur le parcours, bien que le vélo soit soumis à rude épreuve lors de la longue descente depuis le Basset de Lona – d’ailleurs mon moyeu arrière a pris du jeu et doit être changé. Par contre, comme l’an passé, j’ai souffert d’un début de crampe à la jambe droite dès que je suis descendu du vélo pour pousser, au-dessus de l’A Vieille. Mes jambes n’aiment pas le changement d’effort musculaire, à tout le moins pas après plus de 2000 mètres de dénivelé grimpés à la limite de mes capacités. Cela m’a obligé à ralentir l’allure et à m’arrêter plusieurs fois pour laisser les muscles se détendre et effectuer des massages manuels, comme je pouvais. Chaque fois que je repartais, je sentais la crampe revenir et j’ai craint de devoir abandonner au pied du Pas de Lona – car il est impossible de s’économiser dans ce délire-là ! Finalement, cette vacherie douloureuse a cessé comme par miracle, juste au pied du Mur, et j’ai pu me hisser au sommet à vitesse à peu près normale, quoique redoutant le retour de la crampe à chaque surplus d’effort de la jambe droite.

Grand RaidAlors pas loin de l’épuisement, et malgré le constat d’une heure de passage ne laissant aucune marge², j’ai dû faire une courte pause au sommet, profitant de boire de l’eau, mais aussi de l’Isostar. Arrêt bénéfique, puisque après la rapide descente jusqu’aux lacs de Lona, j’ai pu à nouveau appuyer fort dans la montée raide jusqu’au Basset.

Il ne restait plus qu’à réaliser une performance dans la descente pour battre mon record personnel – un véritable défi pour quelqu’un qui n’est pas à l’aise avec la vitesse, surtout dans la caillasse. D’ailleurs, la partie supérieure de la piste était carrément plus défoncée et chaotique que les années précédentes, notamment en raison d’un glissement de terrain et d’un fort ravinement, tous deux vraisemblablement dûs à de violents orages. Par conséquent, il a fallu adopter une vitesse adaptée et piloter très attentivement pour ne pas finir dans les profondes rigoles d’érosion longitudinales (plus problématique que lorsque qu’elles sont transversales), véritables pièges pour les roues des cyclistes.

Grand RaidAprès le dévaloir sous le barrage, j’aime beaucoup le sentier qui zigzague autour du torrent, la Gougra, même s’il faut bien reconnaître qu’il est plus apprécié lorsqu’on n’a pas besoin de s’y débattre avec un chrono qui tourne inexorablement et donne l’impression que les dés sont jetés, qu’il n’y a plus rien à faire pour obtenir un meilleur résultat que l’an passé… Je n’ai néanmoins pas abandonné et certaines photos (non publiées) donnent bien la mesure de l’effort et de l’épuisement après plus de 6 heures de défi sportif et 2700 mètres de dénivelé.

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Grand RaidSur cette section, on franchit 4 fois le cours de la Gougra : le premier gué est profond autant qu’encombré, aussi je le passe toujours à pied sec, sur les grosses pierres ; par contre, les 3 suivants peuvent être traversés en selle, mais il faut bien calculer son coup pour ne pas rester en rade au milieu de l’eau – en fait, foncer comme un bourrin et bien tenir le guidon ! Sommaire, ouais, mais ça passe ! Bon, faut pas avoir peur d’être mouillé…

Grand RaidLe dernier kilomètre, après le pont sur la Gougra, s’effectue sur une foutue piste caillouteuse que je déteste et considère comme la pire section des 68 km depuis Hérémence. Elle semble avoir subi des travaux depuis l’an dernier, mais cela ne la rend pas plus roulante : on s’y fait toujours secouer comme un prunier et il faut régler sa vitesse très précisément au degré maximum de vibrations que peuvent encaisser les mains et les doigts avant de s’engourdir – faute de quoi, plus de freinage…

Le tracé de l’arrivée à Grimentz a été quelque peu modifié, ce qui m’a dérouté. Mais les encouragements du public compact m’ont vite redonné juste ce qu’il faut d’énergie pour me ruer dans la grande tente et passer la ligne. Tandis que je serrais mes freins, un grand chrono au-dessus du portique d’arrivée m’a appris la bonne nouvelle, à laquelle je ne croyais plus : 6h29, 3 minutes de moins, record battu, ! So cool !

Grand RaidCe chrono me classe 36e/111 dans ma catégorie, et 289e/705 parmi tous les hommes au départ d’Hérémence. Après relevé des données de mon propre compteur, qui enregistre le temps lorsque les roues tournent, par conséquent pas durant les pauses, je constate que je me suis arrêté durant 38 minutes au total sur le parcours, et c’est donc là que réside un éventuel potentiel d’amélioration – et bien sûr aussi dans toute préparation qui permettra d’éviter les crampes lorsqu’il faut pousser le vélo. Car sur le parcours, je suis plus ou moins tout le temps au maximum et le temps de roulage enregistré lors de cette édition est effectivement le meilleur de tous : 5h50.

Grand RaidDe gros cumulus enflaient dans le Val d’Anniviers au moment de mon arrivée, et j’ai donc sacrifié le rituel du lavage du vélo au désir de rentrer avant l’orage – il y en avait bien pour une demi-heure d’attente. Après m’être désaltéré, je suis donc parti tout tranquillement vers la piste forestière qui conduit à Vercorin, puis j’ai poursuivi avec la descente jusqu’à Loye, où on est venu me chercher – la remontée jusqu’à Nax représentant un défi au-delà du plaisir qu’on recherche dans une journée sportive comme celle-là, au format marathonique (96 km / 3000 m D+).

Retrouvez ce magnifique parcours ici, balisé à l’année sur le terrain. Profitez-en !

Bel automne sur les sentiers à tous, et à l’année prochaine, pour le trentenaire du Grand Raid.

Matricule 5006


¹ Evolène-Volovron-Eison, j’y réalise chaque année le meilleur classement.

² Comme de nombreux autres participant-e-s, je colle sur mon cadre un billet avec les temps de passage correspondant à mes meilleures performances passées.

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