La Suède à vélo

Avec une densité de seulement 21 habitants au kilomètre carré, la Suède est une destination de rêve pour tous ceux qui apprécient le calme et les grands espaces.

Distance parcourue dans le pays : plus de 1900 km
Année de voyage : 2013

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Malgré le fait qu’une exploitation forestière à la pelle mécanique défigure un grand nombre de terrains en bordure de route, la Suède conserve d’immenses régions quasi vierges, ce qui est plutôt rare en Europe. Du coup, on se retrouve à rouler pendant des heures sur des routes désertes sans voir autre chose que de la forêt et des lacs. Le silence est absolu, exception faite du chant des roues sur le bitume (ou la terre battue) et d’un vent modéré qui semble souffler en permanence.

L’impression de solitude est parfois prenante au milieu de la taïga. Débarquant d’un pays surpeuplé et sur-développé, on a l’occasion ici de mesurer les difficultés qu’ont dû rencontrer les premiers habitants de la région, avant la construction des routes.

Sur son vélo, on en arrive bientôt à rêver du prochain passage sur une colline qui permettra peut-être de voir au-delà de la première rangée d’arbres et d’échapper à cette espèce de claustrophobie que l’on finit par ressentir au milieu de forêts aussi vastes.

L’expérience est toutefois sensiblement différente dans le sud, beaucoup plus habité : les campagnes, avec leurs chemins agricoles et leurs fermes au milieu des champs sont bien moins dépaysantes.

La communication avec les Suédois est facile, car la plupart des gens parlent aussi très bien l’anglais. On répondra volontiers à vos questions, y compris sur la route ou dans la rue, mais l’attitude générale est plutôt réservée.

 

Routes et voies cyclables

Le réseau routier suédois est excellent. Les routes nationales (Riksvägen) portent des numéros à un ou deux chiffres (actuellement de 9 à 99) et on les empruntera rarement à vélo, sauf dans le nord, où il y a beaucoup moins de trafic. La plupart du temps, on roulera sur les routes régionales (County roads ou Länsvägen), désignées par des numéros à trois ou quatre chiffres et dont certains tronçons sont parfois non goudronnés (revêtement de terre battue ou de gravier). Il y a également les routes d’importance européenne, dont le numéro est précédé du « E » et qui sont évidemment la plupart du temps des voies à éviter.

Les statistiques récentes démontrent que la Suède est le pays au monde où les routes sont les plus sûres, notamment grâce à une lutte impitoyable contre l’alcool au volant et à l’aménagement de nombreuses zones protégées pour les piétons et les cyclistes (source). N’en déduisez toutefois pas que vous n’y êtes pas en danger, comme ailleurs : l’un des deux épisodes au cours desquels j’ai failli perdre la vie sur la route s’est déroulé sur une route secondaire suédoise, lorsqu’un semi-remorque a commencé à me dépasser dans un virage sans visibilité et qu’une voiture a débouché en face… C’est mon rétroviseur qui m’a une fois de plus sauvé : voyant le camion arriver sur moi en dérapage, je me suis jeté hors de la chaussée juste à temps. Le nuage de fumée à l’odeur de pneu brulé stagnant au-dessus du goudron ainsi que les longues marques de freinage m’ont convaincu de la gravité de l’incident. Soyez donc vigilants, comme toujours.

Le réseau de voies cyclables Sverigeleden, long de quelque 6600 km, emprunte essentiellement les routes secondaires et quelques rares voies vertes. La signalisation est généralement bonne et se base sur le principe habituel : tant qu’il n’y a pas de panneau, continuer tout droit. Vous pouvez télécharger un flyer en anglais imprimable, à emporter en voyage.

On trouve en librairie ou sur le web des cartes cyclistes détaillées (Cykelkartan, Turist & Cykelguide), mais celles-ci sont toujours chères et la qualité de la signalisation Sverigeleden sur le terrain ne les rend pas indispensables. Une carte en ligne est disponible ici, mais si vous souhaitez des légendes en français, mieux vaut consulter ViaMichelin ou Google Maps.

En version papier, la carte routière Michelin National N° 711 (Scandinavie, Finlande) au 1:1’500’000 se révèle pratique pour se situer de manière générale.

En ville, les pistes cyclables et les cyclistes sont nombreux. Par contre, au nord de Göteborg et hors agglomération, on ne croise pratiquement pas un seul cycliste, même sur les itinéraires balisés – c’est incompréhensible.

 

Hébergement

Il existe en Suède une loi (Right of Public Access) qui autorise de manière générale le camping sauvage, sauf sur terrain agricole ou à proximité immédiate d’une habitation. En cas de doute, il convient évidemment de demander l’autorisation aux habitants.

Pour ceux qui désirent un peu plus de confort, et notamment la possibilité de prendre une douche méritée, on trouve de nombreux campings, auberges de jeunesse et Bed & Breakfasts, mais l’offre diminue évidemment à mesure que l’on monte vers le Nord.

Les campings suédois sont tous équipés d’une cuisine commune et bien entretenus, mais le tarif pour un voyageur individuel est élevé, car il faut généralement s’acquitter du forfait deux personnes, soit 200 couronnes suédoises ou SEK (23 EUR ou 28 CHF). La plupart du temps, une petite épicerie et/ou une cafétéria à côté de la réception permettent de trouver l’essentiel même en cas d’arrivée tardive. Par mauvais temps, on peut aussi louer un bungalow (stuga) pour passer la nuit au sec et au chaud : compter 250 à 350 SEK.

Les campings sont répertoriés dans une brochure gratuite que l’on trouve dans tous les offices de tourisme. En particulier, la carte qu’elle contient est très pratique pour planifier les étapes avec nuit au camping. Le premier soir, il faut acheter la carte « Camping Key Europe », obligatoire (150 SEK).

Plus d’informations sur le camping sur les sites de Visit Sweden, Camping.se et Eurocampings.eu.

La meilleure alternative au camping est l’auberge de jeunesse, nommée Vandrarhem en Suède. Utilisées par toutes les catégories de voyageurs et non seulement par les jeunes, présentes dans les villes comme à la campagne, les Vandrarhem proposent un hébergement collectif (dortoirs) ou individuel en chambre single/double/familiale. Il est bon de savoir qu’étant donné le faible nombre de visiteurs dans certaines régions on se retrouve souvent seul dans un dortoir, ce qui est tout à fait confortable et très appréciable !

Le tarif pour une nuit varie entre 150 et 275 SEK, avec une moyenne autour de 200 SEK, soit le même prix que le camping pour un vrai lit et l’avantage de ne pas devoir monter/démonter la tente. Il faut être titulaire d’une carte de membre de l’association internationale des auberges de jeunesse (Hostelling International), sinon les prix sont plus élevés. Cette carte peut s’acheter auprès de n’importe quelle auberge de jeunesse et dans certaines agences de voyage ; elle vaut 33 CHF en Suisse.

Les Vandrarhem sont toujours équipées d’une cuisine commune et d’une salle à manger. Il est généralement possible (et fortement conseillé !) de prendre un petit déjeuner-buffet le matin, comprenant céréales, muesli, fromages, charcuterie, oeufs, bacon, fruits, poivrons, tomates, légumes au vinaigre, pains divers, café, thés, jus d’orange, etc. Facturé 50 à 70 SEK, ce repas copieux et complet permet de tenir largement jusqu’en milieu d’après-midi.

Il y a deux organisations qui proposent des hébergements en auberge de jeunesse : STF (Svenska Turistföreningen) et SViF (Sveriges Vandrarhem i Förening). Des guides papier très complets, gratuits et bien pratiques pour ceux qui voyagent non connectés sont disponibles dans les auberges de jeunesse de chacun des deux réseaux.

En l’absence de camping ou de Vandrarhem, on peut se rabattre sur un Bed & Breakfast (B&B), mais les tarifs sont bien plus élevés : 400 SEK et plus.

 

Alimentation

Les supermarchés suédois proposent les mêmes produits que ceux dont nous avons l’habitude plus au sud – ce qui n’était pas le cas les premières fois que je m’y suis rendu, avec mes parents ou en train dans les années 70 et 80. Les magasins d’alimentation sont souvent ouverts 7/7 aux abords des localités. Les prix pratiqués sont sensiblement supérieurs à ceux qu’on connaît en Suisse ou en France, mais quand même moins élevés qu’en Norvège.

La vente d’alcool est très réglementée en Suède. Si l’on trouve sans problème de la bière légère (lättöl, folköl) en supermarché, il faut se rendre dans un magasin d’état (Systembolaget) pour acheter des boissons contenant plus de 3.5% d’alcool.

 

Transports publics

La compagnie ferroviaire nationale (SJ) est l’une des rares d’Europe qui n’accepte pas les vélos à bord de ses trains (vélos pliables seuls autorisés, voir ici). Certains voyageurs prétendent qu’on peut parfois négocier avec les contrôleurs, mais je ne l’ai pas tenté et ne suis pas monté à bord d’un train en Suède. Cette politique est stupide et arriérée, comme je l’ai fait savoir en contactant le service clients des SJ, mais il faut néanmoins planifier son voyage en tenant compte de cette restriction : rester dans le sud-ouest, où la compagnie Øresundståg autorise le transport des vélos, ou passer en Finlande ou en Norvège pour prendre sans souci le train du retour.

Plus d’infos sur les trains suédois en suivant ce lien (en anglais).

Il paraît que certaines compagnies de bus transportent également les vélos si la réservation est faite à l’avance, mais je n’ai pas testé et n’en sais pas plus.

Aucun problème, par contre, pour embarquer votre vélo dans un ferry. Il sera généralement parqué dans le garage avec les voitures et attaché à une paroi par le personnel de bord afin qu’il ne tombe/bouge pas durant la traversée.

 

Climat

La Suède jouit d’un climat tempéré, sensiblement plus sec que celui de la Norvège voisine. L’été n’y est certes pas très long, mais tout à fait agréable, selon mon expérience. Sur une durée totale de 18 jours (21 juin au 8 juillet), il n’a plu que 6 jours, dont une seule fois de manière durable sur plusieurs heures (les 5 autres fois : averses). Au niveau des températures, la plus basse que j’aie mesurée un matin atteignait quand même 12 degrés, la moyenne des minimas quotidiens s’établissant à 16 degrés sur toute la période.

Le temps se montre souvent assez variable au cours d’une même journée : soleil, nuages, puis averses – les changements peuvent être rapides. J’ai aussi le souvenir d’un vent modéré mais quasi permanent, soufflant heureusement la plupart du temps du sud, alors que je roulais vers le nord.

Bien sûr, le climat varie également selon la région : il fait plus frais en Laponie qu’au sud.

Vous trouverez des tableaux de température et de précipitations, ainsi que d’autres infos sur le climat suédois sur les sites ci-dessous :

levoyageur.net
guidevoyages.org
weather-and-climate.com (en anglais)

 

Budget indicatif (taux de change juillet 2013)

Prévoir env. 330-350 SEK par jour (hors frais de transport), soit 50 CHF ou 41 EUR.

Pour information, voici les montants payés pour quelques transports :

  • Genève-Copenhague en train, couchette incluse : 195 CHF
  • ferry Umeå (S) – Vaasa (FIN) : 400 SEK, soit 60 CHF
  • frais de retour en ferries et trains depuis Mariehamn (FIN) jusqu’à Genève : 627 CHF

 

Divers

Les bureaux des Offices de tourisme locaux sont souvent très efficaces et peuvent vous aider à trouver un hébergement si comme moi vous voyagez « non connecté ». Dans l’un d’eux, on m’a même photocopié gratuitement une partie de la carte cycliste très chère qui était en vente dans les rayons ! On peut aussi y trouver des cartes routières ou cyclistes gratuites, ainsi que diverses brochures d’information régionales tout à fait intéressantes.

Attention : durant la fête de Midsommar (St-Jean), les vendredi et samedi les plus proches du 24 juin, tout est fermé pendant 2 ou 3 jours. Les Suédois rendent visite à leur famille aux quatre coins du pays et font un grand repas à l’extérieur le samedi après-midi. Possible qu’on vous y invite : vous profiterez alors d’un moment convivial, entendrez des chansons populaires en suédois et, si vous n’y prenez garde, finirez passablement ivre…

 

La Suède en quelques chiffres

Superficie : 449 965 km2
Population : 9 616 429 habitants (31 août 2013)
Densité : 21 hab./km2

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