L’Allemagne à vélo

L’Allemagne est un grand pays cycliste doté d’excellentes infrastructures pour la mobilité douce – reléguant la Suisse et la France au rang de contrées arriérées. La signalisation est de grande qualité la plupart du temps, les hébergements relativement disponibles sur tout le territoire et le coût de la vie plutôt bas. Toutefois, si de nombreuses villes méritent le détour, les campagnes m’ont parues dans l’ensemble plutôt abandonnées et la nature sauvage n’est pas souvent au rendez-vous, sauf peut-être sur les côtes.

Distance parcourue dans le pays : plus de 2700 km
Années de voyage : 2007, 2011 et 2018

l'Allemagne à vélo

 

Routes, voies cyclables et orientation

Attention : si vous roulez sur la route avec les voitures, en ville ou à la campagne, c’est que vous avez raté un panneau indicateur ! Le réseau de pistes et voies cyclables, la plupart du temps en site propre, est très dense au niveau national, par conséquent on ne voit jamais (ou presque) un cycliste dans le trafic. Très ignorant lors de mon voyage le long du Danube en 2007, il m’est arrivé de parcourir quelques courtes distances sur des routes secondaires en zone rurale : je l’ai regretté à chaque fois, tant les chaussées sont étroites et sinueuses, et le trafic rapide. Aucun dépassement sûr n’est possible sur de nombreux tronçons en raison de l’absence de visibilité. En outre, les conducteurs allemands ne s’attendent jamais à trouver un vélo sur la route devant eux…

Restez donc sur les itinéraires cyclables en tout temps, y compris en ville – mais faites attention au trafic cycliste rapide !

Vous pouvez effectuer une recherche d’itinéraire avant de partir sur les sites suivants :

De nombreux parcours sont goudronnés et totalement lisses, mais il existe également des secteurs plus rudes, par exemple sur la véloroute de la Baltique (Eurovelo 10/13), où l’on roule régulièrement sur des chemins de graviers pointus. À y regarder de plus près, il m’est apparu que ce gravier très coupant était généralement constitué de silex – équipez donc votre vélo de pneus anti-crevaison, comme par exemple les Schwalbe Marathon Mondial.

La signalisation est généralement très bonne et mentionne la distance, mais évidemment un GPS vous aidera à retrouver la piste cyclable si vous avez raté un panneau ou vous êtes dérouté pour trouver un hébergement.

l'Allemagne à véloJe n’ai pas testé les cartes routières allemandes, car j’ai l’habitude des cartes Michelin. La série régionale (N° 541 à 546) propose des échelles de 1:300’000 à 1:375’000 et convient bien pour s’orienter de manière générale dans le pays, mais elle ne montre pas les parcours cyclables. Il existe également une carte nationale au 1:1’000’000 (N° 718), d’aucune utilité pour les cyclistes.

Enfin, les véloroutes les plus populaires font l’objet d’une publication dans la série des Radtourenbuch des éditions Esterbauer. La plupart des titres sont en allemand, mais il existe quelques guides en anglais. Ces cartoguides ont un format et une reliure très pratique, tout à fait compatible avec la plupart des bonnes pochettes de cartes pour la sacoche de guidon (Ortlieb Ultimate 6 M, par exemple). Les cartes montrent, à une échelle détaillée, les parcours cyclables principaux et alternatifs en surimpression. Le type de revêtement (goudron, gravier, etc) est également codifié, quoique pas toujours fiable, ainsi que l’éventuelle présence de trafic motorisé. L’itinéraire est également décrit par le texte, mais cela n’est d’aucune utilité pour ceux qui voyagent dans l’autre sens ou ne maîtrisent pas l’allemand, ni l’anglais. Enfin, une liste des hébergements par étape est également fournie en fin de volume, avec parfois (toujours ?) accès à une mise à jour téléchargeable.

 

Hébergement

On trouve régulièrement des campings le long des routes cyclables. Bien sûr, la densité de ces campings dépend de l’attractivité touristique des régions ou des itinéraires : ainsi, aucun problème le long du Danube (Eurovelo 6), de la Moselle, de la mer du Nord (Eurovelo 12) ou de la mer Baltique (Eurovelo 10/13) ; par contre, il faudra faire preuve de plus de patience dans certaines régions agricoles de l’intérieur, quoique les campings à la ferme se développent et fournissent un accueil souvent sympathique, sur un terrain de petite taille propice aux rencontres.

Les campings allemands sont généralement bien équipés et entretenus, mais certains établissements en bord de mer abusent et remplissent l’espace au-delà du tolérable. Fuyez-les si vous pouvez continuer à rouler !

Si vous n’avez pas eu le temps d’acheter à manger avant de monter la tente, vous pourrez parfois vous ravitailler à l’épicerie du camping, mais plus souvent, vous y trouverez un bar-restaurant ou une roulotte fast-food.

En été 2018, le tarif moyen pour une nuit au camping s’établissait à 12 Euros sur la côte de la mer Baltique (une personne, une tente).

Dans les villes, il est préférable de passer la nuit à l’auberge de jeunesse (Jugendherberge), plus centrale, et carrément confortable en option chambre privative (dès 35 Euros). Les petit budgets y trouveront un lit en dortoir, tout à fait convenable si le local est aéré et pas totalement complet… La carte de membre de Hostelling International offre des rabais substantiels sur le tarif des nuitées et je la recommande (33 CHF annuels si achetée en Suisse). Vous trouverez la liste des 467 auberges de jeunesse d’Allemagne ici.

 

Alimentation

Les horaires d’ouverture des commerces d’alimentation sont étendus : jusqu’à 20h, 22h ou minuit, du lundi au samedi, selon les Länder. La malbouffe industrielle à deux balles est surreprésentée sur les étalages, car de nombreux Allemands vivent de revenus très modestes, malgré le fréquent cumul de plusieurs jobs – tous mal payés, néolibéralisme oblige.

Par contre, ruez-vous sur les boulangeries de ville au petit matin : le pain, les pâtisseries et le café, de qualité tout à fait acceptable, garantissent un départ sur les chapeaux de roue et une bonne autonomie jusqu’au pique-nique de la mi-journée. Si vous roulez vers le Nord, notez que l’Allemagne sera le dernier pays dans lequel vous pourrez profiter quotidiennement du rituel du petit-déjeuner sur une terrasse : au Danemark, il ne reste la plupart du temps que les supermarchés…

 

Transports publics

Presque tous les trains allemands acceptent les vélos, mais le nombre de places est parfois très limité, en particulier sur les trains de nuit, les Intercity et les ICE 4 (trains à grande vitesse), raison pour laquelle une réservation pour le vélo est obligatoire sur les trajets longue distance. En 2018, cette réservation coûtait 9 Euros, 10 pour les trajets internationaux. Attention : de nombreux ICE n’autorisent les vélos que dans une housse de transport de dimension limitée ; renseignez-vous avant le départ ! Notez également qu’en été, les places vélo des trains de nuit sont complètes plusieurs jours à l’avance.

Dans les trains régionaux, la réservation n’est pas obligatoire, mais il faut acheter une carte journalière pour le vélo (« Fahrradtageskarte »), en plus du billet passager. Les wagons avec compartiment pour les vélos sont bien identifiés par un logo.

Il est possible de traverser le pays avec les trains régionaux, si les trains de nuit ou Intercity sont complets, mais le voyage prendra du temps et inclura de nombreux changements de train (par exemple, huit entre Flensburg et Bâle), autant stressants qu’inconfortables puisque les trains ont souvent du retard (donc il faudra courir pour attraper la correspondance) et que les petites gares ne sont jamais équipées de tapis roulants ou d’ascenseur (donc il faudra porter le vélo chargé dans les escaliers…).

Vous trouverez plus d’infos sur les trains allemands en consultant les liens suivants (auf Deutsch) :
Reisen mit Bahn und Fahrrad (Deutsche Bahn)
Fahrradmitnahme in der Bahn (ADFC)

Les transports fluviaux et maritimes ne posent aucun problème aux cyclistes : j’ai pu charger mon vélo sur tous les ferries que j’ai pris en Allemagne, que ce soit sur le Danube, la Weser, l’Elbe ou la mer Baltique.

Je n’ai pas testé les bus en Allemagne.

 

Climat

« Le Nord-Ouest de l’Allemagne bénéficie d’un climat océanique tempéré, influencé par la présence de la Mer du Nord et la Mer Baltique. A l’opposé, le Sud de la Bavière possède un climat de montagne et l’Allemagne de l’Est un climat continental avec une forte influence des masses d’air venant de Sibérie. » (source : voyageursdumonde.ch)

Selon mon expérience, il peut faire très chaud en été dans les vallées fluviales du sud : Saar, Moselle, Rhin, Danube. L’activité orageuse est parfois importante en soirée. Dans le Nord, l’élément météo le plus marquant est bien sûr le vent, en particulier sur la côte de la mer du Nord, mais aussi sur celle de la Baltique. Je me souviens de quelques journées très physiques sur la North Sea Cycle Route (Eurovelo 12), atteignant péniblement 10-12 km/h face au vent sur la piste cyclable en bordure immédiate de la mer – et non protégée derrière la digue…

L'Allemagne à véloPlus d’infos :
Climat de l’Allemagne, sur Wikipédia
Climat – Allemagne, sur climatsetvoyages.com

 

Budget indicatif

L’Allemagne est un pays très abordable quand on vient de Suisse ou de France. Le coût de la vie à l’ouest est toutefois légèrement supérieur que dans l’ancienne RDA, où l’on s’en sort très bien avec 35 EUR / 40 CHF par jour, en passant les nuits au camping (été 2018).

 

Divers

Les contacts avec les Allemands sont faciles et chaleureux, par contre mieux vaut se débrouiller dans la langue de Goethe, car peu de gens parlent anglais en dehors des métropoles – quant au français, on oublie !

 

L’Allemagne en quelques chiffres

Superficie : 357 340 km2
Population : 82 800 000 habitants (31 décembre 2016)
Densité : 232 hab./km2

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