Le vrai visage de l’industrie automobile

Mis à jour le 27 octobre 2015.

Le numéro un mondial de la bagnole, Volkswagen, a installé sur ses véhicules diesel un logiciel qui trafiquait les données relatives aux émissions polluantes, contournant ainsi les législations de plusieurs pays.

Il ne s’agit pas d’une petite fraude, puisqu’on parle désormais de 11 millions de véhicules. Ni d’un médiocre industriel de banlieue, mais bien de l’une des marques phares de la première puissance économique européenne, l’Allemagne, pays du « miracle économique », de la responsabilité environnementale et de la soi-disant transition énergétique (grâce au charbon…).

Les idiots tombent de haut, à la lecture de cette histoire dans la presse. Les imbéciles et les crétins aussi.

Et qu’est-ce qui a donc bien pu motiver une entreprise si « responsable » à tricher ainsi ? Le fric…

Il faut dire que la firme en avait bien besoin, de pognon, après avoir conclu l’exercice 2014 sur un bénéfice record de 12.7 milliards d’euros… (source : Reuters). Plus ils gagnent, plus ils en veulent : saleté de racaille !

Les millions investis dans des pubs débiles, mensongères et aliénantes ne suffisent plus. Pour pouvoir vendre sa merde, un grand fabricant de bagnoles bafoue la loi. Ce faisant, il démontre tout à la fois son mépris pour ses clients (les citoyens un peu bêtes qui achètent sa daube), les autorités des divers pays, ainsi que l’environnement (les bagnoles en question émettent jusqu’à 40 fois plus d’oxydes d’azote que la norme).

Cette histoire ressemble tellement à notre époque…

Elle nous démontre une fois de plus qu’il faudrait être totalement stupide pour faire confiance aux poids-lourds de l’économie, ainsi qu’à leurs valets politiques de tous bords (en Suisse : SECO, partis de droite et de la gauche productiviste). Le Marché global ne « s’auto-régule » pas, comme on voudrait nous le faire croire dans le but de légitimer des politiques de dérégulation qui ne servent que les intérêts des plus forts et qui visent, in fine, à reléguer les États au rang de simples promoteurs de la surconsommation. Le Marché global ne poursuit qu’un seul objectif : la maximisation des profits à court terme. Quel qu’en soit le prix.

Dans le cas de VW, espérons que l’amende sera salée, le patron traîné dans la boue (pour de bon) puis emprisonné et les complices de tout grade attrapés. Rêvons que cette affaire amorce enfin le déclin d’une industrie de merde qui tue notre mobilité en même temps que la planète.

Et dans l’attente : FUCK OFF, VOLKSWAGEN !

volkswagenPlus d’infos :

http://www.liberation.fr/economie/2015/09/22/scandale-volkswagen-11-millions-de-vehicules-truques_1388019

http://www.liberation.fr/economie/2015/09/21/aux-usa-volkswagen-pris-la-main-dans-le-pot_1387574

http://www.lemonde.fr/automobile/article/2015/09/21/tricherie-aux-etats-unis-les-regrets-de-vw_4765196_1654940.html

Mise à jour 27 octobre 2015

On apprend maintenant que la Commission européenne était au courant depuis 2013 que certains constructeurs trichaient lors des tests antipollution et qu’elle n’a rien fait pour mettre un terme à ces pratiques illégales (voir cet article du Figaro et cet autre du Monde). Bravo, messieurs les commissaires : nous apprécions de vous voir servir les intérêts des grands groupes économiques avant les lois ! Quand je parlais de valets politiques…

Et ce sont les mêmes tristes sires qui ont accordé à une saloperie de firme agrochimique le droit d’utiliser pendant 2 ans un pesticide néonicotinoïde tueur d’abeilles (voir ici).

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