2100 km dans la fournaise

Les dernières gouttes sont tombées dans la nuit du 23 au 24 juin, alors que je fêtais mon départ pour la Via Francigena chez mes amis à Monthey. Le matin du 25 à 7h40, je suis sorti du train sous un ciel limpide à Orsières, sur la route du Grand St-Bernard, où j’ai retrouvé Fabrice. On a enfourché nos VTTs chargés de deux sacoches à l’arrière et on s’est lancés dans la (longue) montée vers le col, par le chemin des pèlerins.

via francigena

Naissance du projet

L’idée d’aller rouler en Italie m’est venue un jour du printemps 2014, alors que j’étais tombé par hasard sur un guide de la Via Francigena dans ma librairie préférée (Le Vent des Routes, 50 rue des Bains, 1205 Genève). Jusque-là, je considérais l’Italie comme une contrée “hors-limite” en matière de vadrouille cycliste : trop peuplé, trop de trafic, pas d’aménagements cyclables, cartographie médiocre ne permettant pas de repérer de manière fiable les itinéraires sûrs. Et ne m’y étais par conséquent jamais rendu, sinon pour prendre des avions vers l’Asie, dans ma vie d’avant…

Le fait qu’il existe un chemin de pèlerinage à destination de Rome, balisé et essentiellement hors trafic, m’a permis d’envisager un voyage à vélo. Le guide de Jean-Yves Grégoire décrit l’itinéraire au départ de Briançon, dans les Hautes-Alpes, où il est connecté à la Via Domitia arrivant d’Espagne, via Nîmes. Je pensais donc qu’il me faudrait me rendre à Briançon, soit à vélo, soit en train.

Plus tard, j’ai découvert sur internet que la Via Francigena historique, ou chemin de Sigéric, passait en réalité tout près de chez moi : elle traverse la Suisse entre Ste-Croix (VD) et le col du Grand St-Bernard (VS), un parcours de 215 km entièrement balisé (itinéraire 70). Du coup, le départ devenait beaucoup plus simple et j’ai proposé à Fabrice de m’accompagner.

Préparation

La question du retour depuis Rome devait toutefois être réglée, puisque selon le site trenitalia.com les vélos ne peuvent pas être emportés dans les trains longue-distance et les intercity. Sauf démontés et rangés dans un sac – mais je refuse de démonter mon vélo pour monter dans un train ! Par ailleurs, je ne vois pas comment on peut se débrouiller pour voyager avec un sac contenant un vélo dans une main et tous les bagages dans l’autre…

Ce sont comme souvent les cartes qui ont apporté la réponse : nous remonterions vers le nord par la Sardaigne et la Corse, à destination du sud de la France, car là-bas au moins on peut sans problème prendre son vélo dans le train.

Après consultation du guide mentionné plus haut, de celui des éditions Lepère et de divers sites internet, nous avons décidé de partir à VTT, car l’itinéraire emprunte souvent des sentiers et des chemins caillouteux sur lesquels nous ne serions pas à l’aise avec nos vélos de voyage (VTC). Par ailleurs, nous souhaitions à tout prix éviter les routes italiennes que nous imaginions, à juste titre, trop dangereuses.

Restait à configurer ces VTTs pour le voyage, ce que nous avons fait avec l’aide de Mathieu de Viscacha Bike. Nous avons modifié les fixations de mon porte-bagages “Strela” pour le rendre plus stable, installé une béquille, très pratique pour charger et décharger les bagages et échangé mes pneus Nobby Nic contre des Continental Raceking 2.2 tout neufs, bien plus roulants. J’ai pu réutiliser ma vieille sacoche de guidon grâce à un système de fixation supplémentaire commandé chez Veloplus. Enfin, le montage d’un deuxième porte-bidon m’a obligé à fixer le cadenas pliable sous le tube de cadre, installation qui s’est révélée tout à fait efficace.

Partant avec deux sacoches au lieu de quatre habituellement, j’ai dû limiter la quantité de bagages – mais j’ai quand même emporté trop…!!!

via francigenaNous avions décidé de camper aussi souvent que possible, donc le matériel de camping devait trouver sa place sur le vélo : tente, matelas, sac de couchage, oreiller gonflable.

De son côté, Fabrice a dû encore plus restreindre ses bagages, car le système de portage fixé sur son tube de selle n’autorisait que 9 kg de charge au maximum. Bien que cette limite ait été respectée, son porte-bagages a fini complètement déglingué et rafistolé à l’aide de nombreux serre-câbles. Ce type de chargement n’est par conséquent pas recommandé pour les longues randonnées tout-terrain.

Pouvant prendre mes vacances quand je veux (mais sans salaire), j’ai quitté ma ville bruyante et polluée avant Fabrice et l’ai attendu en me baladant deux jours dans le Chablais.

La Via Francigena (diaporama ici)

Nous nous sommes donc mis en route vers Rome le 25 juin, à Orsières. Les parcours Via Francigena et Sardaigne-Corse seront détaillés dans les articles qui leur seront consacrés. Pour l’instant, je ne peux hélas pas continuer à tracer “notre” Via Francigena, car le site bikemap.net dysfonctionne, comme souvent…

Le voyage vers Rome a été éprouvant, en raison des températures caniculaires dès le deuxième jour, de la complexité de l’itinéraire et de la difficulté de se reposer la nuit (bruit, température étouffante, moustiques).

Nous n’avons pratiquement pas vu un nuage durant les 13 jours du trajet, ou alors au loin. Les températures dépassaient quotidiennement les 33 degrés à l’ombre, mais bien évidemment nous roulions au soleil ! La moyenne des maximas s’est ainsi établie à 41 degrés sur la période, avec des valeurs journalières jusqu’à 47°C… Dans ces conditions, mieux vaut avoir un torchon pour s’essuyer le visage : je n’ai probablement jamais transpiré autant que durant cette vadrouille-là.

via francigenaLa meilleure stratégie reste évidemment de démarrer très tôt le matin, comme l’ont très bien compris les pèlerins à pied, que ce soit sur la Francigena ou Compostelle : la plupart prennent la route entre 5h30 et 6h30. Nous nous sommes donc levés très tôt, malgré les nuits sans sommeil en ce qui me concerne. Toutefois, comme nous voulions avancer en dépit de la complexité de l’itinéraire et des nombreuses sections hors bitume sur lesquelles nous n’allions pas beaucoup plus vite que les piétons, nous roulions jusqu’en fin d’après-midi, donc aussi aux heures les plus chaudes…

Les hébergements pour pèlerins sont la plupart du temps d’excellente qualité et très économiques sur la Francigena, et l’accueil y est des plus chaleureux. Malheureusement, partout où nous avons dormi, il a fait très chaud toute la nuit (pas d’air, pas de ventilateur). Tellement chaud qu’on ne supportait même pas un drap et on devenait donc la proie des moustiques omniprésents – dont de nombreux “moustiques-tigres”, susceptibles de transmettre des maladies.

Par ailleurs, il y a presque toujours du bruit jusque tard dans la nuit aux alentours des hébergements situés dans les agglomérations : terrasses de café, discussions prolongées sous les fenêtres, TV avec le son à fond, trafic, fêtes et concerts. Alors évidemment, quand on veut dormir à 22h pour pouvoir se lever aux aurores, c’est la galère. Sans compter les ronflements parfois tonitruants de vos compagnons de chambre. Ce qui est sûr, c’est que mes tampons auriculaires en mousse n’ont pas suffi pour me protéger de tout ce foutu boucan…

Le camping ne constitue pour sa part pas une bonne alternative aux hébergements “urbains” : d’abord, parce qu’il y en a très peu le long de la Francigena ; ensuite parce que quand il n’y a pas d’air, on étouffe également dans une tente, en particulier si elle est petite et qu’on ne peut même pas étendre les bras ; enfin parce que les autres campeurs sont en vacances (pas en pèlerinage) et par conséquent ne vont pas se coucher tôt – les soirées sont donc aussi bruyantes…

Heureusement, après un réveil/lever difficile, les premières heures de la matinée sur le chemin étaient magnifiques. Jusqu’à ce que le soleil monte.

via francigenaJe recommande donc vivement à celles et ceux qui seraient tenté-e-s d’entreprendre la Via Francigena de ne pas partir en été.

D’après ce que nous avons pu constater, le balisage est globalement bien entretenu le long du parcours officiel, mais certains pèlerins à pied nous on dit que ce n’était pas toujours le cas, en particulier au fond de la brousse.

via francigenaEn tant que cycliste, trouver son chemin le long de la Via Francigena demande de l’énergie et prend du temps. Il s’agit en effet de déterminer à l’avance quelles sont les sections où l’on pourra/devra emprunter l’itinéraire piéton et quelles sont celles où l’on prendra la route. Question importante, car on ne veut ni risquer sa vie dans le trafic (!), ni perdre son temps à pousser/porter vélo plus bagages sur des sentiers étroits, caillouteux et/ou envahis par les ronces alors qu’une petite route tranquille longe le tracé officiel. Question difficile, car on ne peut pas compter sur les cartes routières italiennes, de mauvaise qualité – même les Michelin au 1:200’000 ne servent à rien, puisqu’elles ne permettent pas d’apprécier la quantité de trafic transitant sur telle ou telle route, seule variable dont nous avons absolument besoin pour fonder notre décision. Quant aux deux petits “carto-guides”, ils sont inutilisables en dehors du parcours officiel.

Du coup, il vaut mieux jeter un oeil la veille sur la description de l’étape dans le guide Lepère et s’en remettre ensuite à une estimation “en live” au fur et à mesure du trajet quotidien – avec les inévitables déconvenues que celle-ci engendrera : devoir affronter un trafic délirant pendant quelques kilomètres sur une “Statale” de merde (SS), faire demi-tour alors qu’on vient de gravir sous un soleil de plomb et par une route très pentue une colline, pousser son vélo chargé sur un sentier étroit encombré de passages rocheux, etc.

Il existe bien un un tracé pour vélos et des fichiers .gpx téléchargeables, mais ceux-ci ne sont pas d’une grande utilité pour ceux qui voyagent sans GPS, ce qui est mon cas. Les cyclistes continueront par conséquent de galérer sur le chemin de Rome jusqu’à ce qu’un véritable balisage à leur intention soit réalisé sur le terrain, permettant à cette voie de pèlerinage millénaire de figurer parmi les grands itinéraires cyclables européens tels que la North Sea Cycle Route (Eurovelo 12) ou l’Eurovelo 6, et à l’Italie de sortir progressivement de la préhistoire en matière de mobilité.

En attendant, les cyclotouristes continueront d’aller user leurs pneus en Europe du nord et en France. Avec raison.

Pour ne pas rester sur cette note négative, je termine par la liste des sections de la Via Francigena que j’ai le plus aimées :

– le col du Gd St-Bernard, d’Orsières jusqu’à Gignod, avant Aoste
– les plaines du nord, d’Ivrea à Piacenza
– le col de la Cisa et son approche, au nord
– les collines de Toscane, entre San Miniato et Sienne, puis entre Buonconvento et San Quirico d’Orcia
– la petite route sur la rive occidentale du lac de Bolsena (hors parcours officiel, qui passe de l’autre côté du lac).

Rome

Après une nuit réparatrice dans un B&B confortable où nous avons même pu donner un coup de jet à nos montures poussiéreuses, nous sommes partis à pied dans Rome, toujours sous le soleil. Au bureau des pèlerins du Vatican, nous avons obtenu notre Testimonium, document attestant que nous avons effectué le pèlerinage.

via francigenaNous avons voulu visiter la Basilique St-Pierre sans faire un kilomètre de queue avec les touristes, mais le garde nous a répondu qu’il n’existait pas d’entrée prioritaire pour les pèlerins… Pas grave pour nous, qui n’avons pas parcouru le chemin pour des motifs religieux, mais vraiment regrettable pour les pèlerins qui marchent ou pédalent pendant des semaines pour venir se recueillir sur la tombe de Pierre ! Qu’est-ce que ça leur coûterait de montrer un peu de respect et d’estime pour ces vrais fidèles-là, au nombre de quelques centaines par année ? Faut-il vraiment qu’ils fassent la queue pendant des heures parmi les hordes de touristes qui n’en ont rien à battre, sont au Vatican “parce qu’il faut y aller si on est à Rome” et passent leur temps à cultiver un narcissisme débile en se prenant sans cesse en photo ? Lamentable business…

via francigenaLa vieille ville de Rome est belle. Et l’on y trouve encore quelques ruelles pas envahies par la horde. Reposantes, malgré la chaleur.

via francigenaMais c’est surtout l’omniprésence et l’étendue des vestiges antiques qui m’ont marqué. Pas étonnant pour un ex-archéologue, sans doute. Déambulant à proximité des différents forums antiques, je me remémorais mes campagnes de fouilles en Libye et ne rêvais que d’une chose : pouvoir passer une journée à Rome, dans l’Antiquité. Le voyage ultime !

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via francigena

via francigenaComme cela ne m’a pas été offert, nous avons pris le train en fin de journée pour Civitavecchia. Le bain de foule n’était hélas pas terminé, mais on a échangé la horde de touristes contre la meute des pendulaires. Au moins cela prenait-il une couleur locale. Coincés tout au fond du local pour vélos-poussettes-ânes (un grand compartiment vide), nous avons longuement espéré que les personnes à qui appartenaient les bras-mains-pieds-ventres-etc qui nous environnaient descendent avant notre arrêt, car sinon cela risquait de tourner à l’émeute. Et comme par miracle, le train s’est vidé juste avant Civitavecchia. Malgré cela, lorsque ce fut notre tour, j’ai à peine eu le temps de ressortir du wagon avec mes sacoches que les portes ont claqué et le train démarré. Il s’en est fallu de peu que je ne doive me débrouiller pour expliquer en italien pourquoi j’avais tiré le frein d’urgence…

Au port, on a acheté nos billets pour la traversée vers Olbia. Une fois à bord, on a observé à l’arrière du bateau le ballet des derniers poids-lourds qui embarquaient. L’un d’entre eux a effectué un abordage à la hussarde : il a laissé une grosse pièce de métal sur le ponton. L’officier responsable gesticulait de plus en plus à mesure que l’heure avançait et que de nouveaux véhicules arrivaient, à la dernière minute.

civitavecchiaL’embarquement a pris du temps, bien plus que sur n’importe quel ferry en Mer du Nord, où l’on est organisé et surtout, efficace. Mais on s’en fichait : on avait déniché auparavant un coin confortable et tranquille pour étendre nos matelas, promesse d’une nuit de repos bercée par les vibrations du navire.

Il faisait bon sur le pont quand on s’est éloignés du quai pour sortir, à vitesse réduite, du port. Des centaines de mouettes et goélands dormaient sur la longue digue, tandis que je me retrouvais à demi-hypnotisé par le lent défilement des projecteurs jaunes de la zone portuaire.

sardaigneJ’ai toujours été fasciné par l’ambiance des ports maritimes, bien que je ne ressente aucune attirance particulière pour la mer. Mais ce sont évidemment des lieux qui évoquent le voyage au loin, au même titre que ces grandes gares indiennes que j’aimais tant. Et puis, comment pourrait-on aimer un aéroport ou un parking…?

Sardaigne et Corse (diaporamas ici et )

La nuit sur le bateau fut courte puisque l’arrivée était prévue vers 6 heures, mais elle a été l’une des plus agréables et confortables du voyage. C’était la première fois qu’on dormait dans un air (légèrement) climatisé et l’on a donc profité du plaisir de devoir se couvrir !

sardaigneSe rendre en Sardaigne à vélo au mois de juillet suppose que l’on dispose d’une stratégie. La nôtre était simple : éviter la côte et s’enfoncer dans les montagnes. C’était juste, mais il a d’abord fallu survivre à quelques kilomètres inévitables sur l’infernale route côtière au départ d’Olbia : trafic démentiel incluant de nombreux poids lourds, chaussée étroite bordée des deux côtés de “rails de sécurité” (donc aucune échappatoire) et sections avec vent de travers…

Dès qu’on est sorti de cette saloperie de SS125, il n’y avait plus personne sur la route. Et c’est resté le cas jusqu’à ce que l’on parvienne sur l’autre côte, à l’exception de quelques courts tronçons sur d’autres “statale” ici et là, mais jamais aussi dangereux qu’aux alentours d’Olbia.

Dans l’intérieur, montées et descentes se succèdent sans fin, souvent dans un paysage magnifique. Quel bonheur de retrouver un environnement naturel et sauvage après l’Italie !

sardaigne

sardaigneLa population est peu nombreuse et regroupée dans des petites villes et villages perchés sur des crêtes ou accrochés à des versants de montagne – pas de mitage du territoire ici. Ces bourgs étincelants au soleil dans leurs couleurs claires sont toutefois la plupart du temps sans intérêt, à part pour ce qui concerne le ravitaillement et l’hébergement.

sardaigneLes chaussées sont en bon état et le seul trafic qu’on y croise est constitué de pick-ups antédiluviens et rapiécés chargés de bidons de lait. Les abords des routes sont la plupart du temps intégralement clôturés, ce qui est un avantage lorsqu’on passe à proximité d’un troupeau gardé par des patous. Nous n’avons eu aucun problème avec les chiens lorsque nous étions ensemble, mais ensuite Fabrice s’est fait poursuivre sur une route par deux saletés de molosses et il s’en est fallu de peu que l’un d’eux le rattrape. Prenez donc garde, et emportez comme moi un bâton costaud (style manche de pioche, longueur 60 cm) pour les urgences…

Comme partout, les régions ne se valent pas les unes les autres et j’ai largement préféré la première moitié de la boucle (voir ici pour le détail de l’itinéraire) : Budoni-Budduso-Nuoro-Aritzo-Laconi-Fordongianus. Plus de parcours en altitude, plus de végétation, dont de magnifiques chênes-liège, et presque personne.

sardaigneAu registre des points négatifs, les bas-côtés de routes jonchés de déchets, les décharges sauvages et les panneaux de signalisation criblés de balles nous ont laissé comprendre que la Sardaigne héberge également son lot de gros cons.

sardaignePar ailleurs, il n’est pas aisé de trouver de l’eau potable sur l’île : dans de nombreuses communes, l’eau du robinet n’est pas potable. S’agissant de l’Europe et du XXIème siècle, on peut se permettre d’avoir des doutes au sujet des compétences réelles des autorités sardes…

Concernant l’hébergement, les prix ont pris l’ascenseur après que nous ayons quitté la Via Francigena et ses sympathiques “Accoglienze pellegrine”. Il n’y a pas (ou très peu) de campings dans l’intérieur de la Sardaigne, et ceux que l’on voit sur la côte ne donnent guère envie de s’y arrêter. Il faut donc se rabattre sur les B&B, hôtels et autres “agriturismo” – par ailleurs tous confortables.

Fabrice devait rentrer avant moi, alors il est retourné prendre un avion à Olbia, tandis que je remontais vers Santa Teresa et le ferry pour la Corse.

Dans le nord de la Sardaigne, la région de Gallura est particulièrement aride et les rares fontaines d’eau potable sont convoitées. Plusieurs personnes sont ainsi venues puiser de l’eau avec des jerrycans pendant que je pique-niquais à Aglientu.

sardaigneA l’exception d’une matinée nuageuse, la météo est restée caniculaire pendant notre tour de Sardaigne, avec une moyenne des maximales s’établissant à 42°C sur les 7 jours. Et cela a continué sur le même mode en Corse…

Après une traversée d’environ une heure, l’arrivée à Bonifacio en ferry est assez spectaculaire : on longe tout d’abord les rochers au sommet desquels sont perchées les maisons de la ville haute, puis on entre dans un goulet encadré par de hautes falaises calcaires avant d’accoster. La jolie ville haute est juste au-dessus, mais ça grimpe dur !

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corsePas besoin de s’éterniser, toutefois : Bonifacio n’est en réalité qu’une ville-musée, avec sa succession de bars, restos, échoppes de souvenirs et autres épiceries de produits du terroir, vers lesquels converge la horde des touristes motorisés. J’ai fini par trouver dans la librairie près du port la seule chose dont j’avais besoin – la carte Michelin de la Corse – et suis allé l’étudier quelques minutes à l’ombre. C’était mon premier voyage dans l’île et je voulais trouver un itinéraire pour rallier Bastia dans le nord, où je prendrais le ferry pour le continent.

Comme en Sardaigne, j’ai piqué vers l’intérieur et les montagnes, par de petites routes tranquilles. Ici aussi, les cols se sont succédés, dans une nature pratiquement intacte. Il y a toutefois d’importantes différences entre les deux îles : la Corse m’est apparue bien plus verte et il y a de l’eau partout – j’ai apprécié les nombreuses fontaines d’eau de source glacée qu’on trouve régulièrement au bord de la route. Par ailleurs, les Corses respectent davantage l’environnement et il n’y a par conséquent pas de déchets éparpillés, sauf autour de l’agglomération de Bastia. Enfin, les villages sont magnifiques et la conduite automobile un peu plus responsable.

corse

corseAu registre des points négatifs, gare au coup de massue si vous prenez une bière minuscule au bar, et ne vous attendez pas à ce qu’on vous y accueille avec le sourire… Pour ce qui me concerne, je trouve les Sardes (et les Italiens en général) bien plus accueillants !

Après une dernière journée plutôt physique en raison de fortes déclivités dans la montée, entièrement au soleil, vers le col de Bigorno, j’ai pris mon billet à Bastia pour la traversée nocturne vers Toulon. Puis j’ai attendu l’embarquement pendant des heures sur un banc à l’ombre. Sans bouger, ni boire, ni manger : j’avais juste envie de laisser passer le temps sans rien faire.

corse

corseLe lendemain, il me restait environ 6 heures de train, plus l’attente à Marseille et Lyon, pour rentrer chez moi. Mais après tant d’effort physique au cours des 25 derniers jours, j’ai beaucoup apprécié de voir défiler le paysage tandis que je somnolais sur mon siège. A part un moment de stress lorsque de nombreux cyclistes ont embarqué, empêchant tout mouvement dans le wagon, et l’escale inévitable à Lyon-Part Dieu, le voyage de retour a été agréable.

Et maintenant ?

C’est le temps du retour aux fondamentaux : pédaler dans la montagne (sans bagages !), dormir au calme et s’entraîner pour le Grand Raid, qui aura lieu samedi 22 août.

arollaBelle fin d’été à tous !

4 réflexions sur « 2100 km dans la fournaise »

  1. Photos magnifiques, souvenir innoubliable, vacances exceptionnelles.
    C’est possible à côté de chez vous, ou presque.

    merci pour ce moment de decouverte

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